Tarn : condamné pour avoir facturé 28 000 euros de travaux de jardinage à un retraité vulnérable

Il entend mal et sa mémoire est défaillante mais il a tenu à être présent ce jeudi au tribunal judiciaire d’Albi pour assister au procès de l’homme qui lui avait facturé 28 000 euros pour des travaux de jardinage.

Ce retraité âgé de 81 ans, qui fait aujourd’hui l’objet d’une mesure de sauvegarde, vivait seul dans sa maison de Lescure d’Albigeois au moment des faits. Entre octobre et décembre 2021, le prévenu, qui n’a pas de qualifications de jardinier ou de paysagiste, s’était rendu plusieurs fois à son domicile pour lui offrir ses services. Sans lui fournir de devis ni de factures.

Tonte de la pelouse, élagage des arbres, débroussaillage : à chaque fois, l’homme travaillait pendant un jour ou deux et se faisait remettre des chèques de plusieurs milliers d’euros chacun. Jusqu’au dernier d’un montant de 5000 euros, qu’il n’a pas pu encaisser, le compte bancaire de la victime n’étant plus suffisamment approvisionné.

La victime devient interdit bancaire

C’est d’ailleurs après avoir été informé par sa banque qu’il était interdit bancaire que le retraité s’est rendu au commissariat d’Albi pour déposer plainte. Lors de son audition par les policiers, il ne se souvenait plus du nombre de chèques émis ni de leurs montants…

L’expertise psychiatrique qui a été réalisée sur la victime souligne que « son jugement et son raisonnement paraissent défaillants ». Le retraité est « influençable », « fragile » et souffre d’un sérieux problème de mémoire.

« Le prévenu en a profité », a plaidé l’avocate de la victime, Me Pamponneau. À la barre du tribunal, ce dernier, un père de famille de 45 ans issu de la communauté des gens du voyage, assure regretter ses actes mais affirme qu’il ne s’était pas rendu compte de l’état de son « client ». Interrogé par la présidente Arrial sur le décalage entre les sommes versées et la réalité des travaux effectués, il explique que le retraité tenait à le payer autant. « Il m’a dit que ça lui faisait plaisir ».

18 mois de prison avec sursis

« Il a bien vu à qui il avait affaire », a rétorqué la représentante du ministère public, Muriel Costa, dans ses réquisitions. Rappelant que le prévenu est notamment poursuivi pour « abus de faiblesse d’une personne démarchée », une infraction prévue par le code de la consommation et punissable d’une peine allant jusqu’à 3 ans de prison, elle a requis une peine de 30 mois de prison, dont 18 mois avec un sursis probatoire, ainsi qu’une interdiction d’exercer une activité de démarchage pendant 5 ans.

Des réquisitions jugées « sévères » par l’avocat du prévenu, Me Cohen-Drai du barreau de Toulouse, qui a rappelé que son client a proposé de restituer l’argent dès sa garde à vue. Son compte bancaire a été bloqué et 20 000 euros ont été saisis dessus.

Le tribunal a reconnu l’homme coupable des faits reprochés et l’a condamné à 18 mois de prison avec un sursis probatoire pendant deux ans, l’interdiction d’entrer en contact et de paraître au domicile de la victime, l’obligation d’indemniser la victime ainsi qu’une interdiction d’exercer une activité de démarchage pendant la durée du sursis.

Source: Tarn : condamné pour avoir facturé 28 000 euros de travaux de jardinage à un retraité vulnérable

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