Délais de paiement : le calvaire d’une TPE des Bouches-du-Rhône

Un cauchemar. C'est ce que vit depuis trois ans l'entreprise YCT Plomberie Chauffage Ventilation qui a remporté en 2015 un appel d'offres auprès d'une mairie de taille importante, pour l'entretien de ses différents bâtiments, dont des écoles et gymnases. Pourtant, décrocher ce contrat représentait une véritable assurance pour Denise et Jean-Marie Torosakis, à la tête de cette TPE des Bouches-du-Rhône qui emploie deux salariés et un apprenti. «Sur le papier, ce marché d'entretien nous garantissait du travail pendant quatre ans, à raison de 30000 à 40000 euros chaque mois», explique la dirigeante, qui a très vite déchantée. En théorie, ce couple d'entrepreneurs devait être payé dans un délai de 30 jours suivant la présentation de leurs factures. Mais dès le départ, les règlements se sont fait désirer et la situation n'a fait qu'empirer au fil du temps. «Au début, nous étions payés au bout de 45 jours, ce qui est encore acceptable, mais aujourd'hui nous sommes à plus de cinq mois», raconte-t-elle. La cause d'un tel décalage? Des factures qui bien souvent sont bloquées par les systèmes d'information pour finir rejetées. Alors, Denise Torosakis doit reformuler ses factures, parfois jusqu'à 3 fois pour un même document.

Trésor public et Urssaf

Et ce n'est pas tout! YCT Plomberie Chauffage Ventilation se retrouve souvent dans une situation ubuesque, car l'accord conclu avec la mairie prévoit une intervention de l'entreprise dans l'heure, en cas de fuite ou de panne. Or, avec ce type d'urgence, la réparation est effectuée avant même que le bon de commande ne soit signé. Mais sans bon de commande pour l'opération... pas de règlement immédiat.

Et quand ce n'est pas la mairie qui bloque, c'est l'État... «Nous sommes intervenus le 15 mars, le 22 les services techniques qui avaient vérifié notre travail ont donné leur accord et ont envoyé l'ordre de paiement au Trésor public mais là, les choses ont dérapé puisque la somme ne nous a été versée que le 29 août», déplore Denise Torosakis. Cerise sur le gâteau, cette dernière s'est trouvée en difficulté auprès de l'Urssaf. «Je ne pouvais pas payer de TVA sur une facture que je n'avais pas encore encaissée et ce d'autant plus que c'était l'État qui me devait de l'argent!» poursuit-elle.

Chaque semaine, la dirigeante passe deux jours et demi sur ces problèmes de paiement pour ce seul client. Comme leur contrat de quatre ans avec cette grosse mairie est renouvelable tous les ans, le couple subit en silence. Et pour payer leurs propres fournisseurs et leurs salariés ils ont dû se mettre en quête d'autres chantiers.

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