Essonne : une entreprise de dépannage à domicile condamnée ..

Avec des prospectus trompeurs, des tarifs prohibitifs et des contrats mal rédigés, cette entreprise de Ballancourt ciblaient plutôt les personnes âgées. Elle a fait 47 victimes.

Tout le monde a, un jour, reçu ces prospectus de dépannage à domicile dans sa boîte aux lettres. Mieux vaut les jeter à la poubelle. Ce mardi, les dirigeants et salariés de l’entreprise les Compagnons AVS, sise à Ballancourt-sur-Essonne, qui a sévi sur l’Ile-de-France de 2011 à 2014, étaient jugés par le tribunal correctionnel d’Evry pour des faits d’escroquerie. Deux dirigeants ont été condamnés à des peines de 12 mois de prison avec sursis et interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans. Un troisième a écopé d’une amende de 500 €. Les deux salariés ont été relaxés.

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Dans cette affaire, 47 victimes ont été recensées, mais moins de 10 se sont portées partie civile. Trois ont obtenu des dédommagements allant de 500 € à 3 145 €. Le nom de l’entreprise, « Compagnons », a été pointé du doigt. « Il ne faut pas être un dinosaure pour savoir que cela se rattache à une tradition d’excellence, de savoir-faire », pointe la procureur.

Et il y a les prospectus, bleu blanc rouge, à l’air officiel, comportant plusieurs numéros faisant croire qu’ils renvoient à des artisans spécialisés en plomberie, électricité, serrurerie… alors qu’ils renvoient tous vers le même numéro. Des clients se sont plaints des tarifs pratiqués, supérieurs à ceux indiqués sur les prospectus. « Il y a eu des changements de TVA, peut-être que leur plaquette était ancienne », se défend un prévenu. « Les clients lisaient devis gratuit et ils se retrouvaient avec les frais de déplacement et de recherche de panne à payer », note la procureur.

2 700 € pour un changement de tableau électrique

D’autant plus qu’une fois sur place, le devis était rédigé… en même temps que la facture, alors qu’il doit y avoir un délai entre les deux. « Les clients veulent que ça soit réglé rapidement, on intervient dans l’urgence », répond un des gérants.

« Ils sont intervenus chez mon père de 82 ans, décédé depuis, témoigne le fils d’une victime. Pour une panne d’électricité, ils lui ont facturé 2 930 € payés le jour même ! Un disjoncteur à 9,90 € était facturé 95 €, un tirage de ligne à 89 €, 279 € ! », s’indigne-t-il. Une femme seule de 72 ans, sans électricité et chauffage, s’est retrouvée à payer 2 700 € pour un changement de tableau électrique. « D’autres artisans ont fait des devis entre 700 et 900 € », pointe son avocat.

Les contrats étaient également mal rédigés. Le nom, pourtant obligatoire, de la personne intervenante n’y figurait pas. Les mentions légales sur le droit de rétractation n’étaient pas non plus marquées telles qu’elles auraient dû l’être. Les prévenus ont expliqué qu’ils ne savaient pas, n’avaient pas les formations nécessaires pour diriger une telle société. « Non, s’est agacée la procureur, il ne s’agit pas d’erreurs sans intention de nuire ou de tromper, mais bien de profiter de la crédulité de certains clients. »

Sébastien MorelliEssonneescroqueriedépannage à domicileTribunal